La CGT est une confédération interprofessionnelle qui défend les intérêts des travailleurs du public et du privé. C’est la première organisation syndicale de la Fonction publique. Elle lutte pour une meilleure répartition des richesses ; dans ce cadre, la défense des services publics est un axe prioritaire. La CGT refuse la concurrence entre salariés et milite pour des rapports de travail fondés sur la collaboration et la solidarité.
La CGT Éduc’action administration centrale porte l’action sociale, la défense des conditions de travail ; elle lutte contre l’externalisation des tâches et la garantie du statut de la Fonction publique.
La CGT, un syndicalisme confédéré
La CGT est une organisation syndicale de masse luttant contre l’éclatement et la division du salariat et construisant l’unité des salarié-e-s. C’est pourquoi la CGT est organisée en fédérations professionnelles, qui articulent leurs actions au sein d’une confédération. C’est donc une organisation structurellement interprofessionnelle, à rebours des formes corporatistes et catégorielles que présentent d’autres organisations de défense des salarié-e-s.
La revalorisation du travail et une autre répartition des richesses créées sont indispensables pour sortir de la crise du néolibéralisme. Aux déréglementations et à la mise en concurrence des salarié-e-s la CGT oppose la construction d’un nouveau statut du travail salarié plus équitable.
La CGT : un syndicat engagés dans le mouvement social
La CGT est la première organisation syndicale de la Fonction publique. Ce niveau de confiance, elle l’a acquis par sa participation aux luttes sociales.
La crise systémique de nos modèles économiques bouleverse la vie de millions de personnes dans le monde, modifie les équilibres territoriaux et géopolitiques. Cette crise trouve ses origines dans les politiques néolibérales menées de manière constante par les exécutifs français et européen depuis plusieurs décennies qui tiennent dans une exigence démesurée de rentabilité du capital et une régulation de l’économie favorable à ce dernier. Les politiques austéritaires qu’elles entraînent s’appuient sur la dévalorisation du travail et provoquent un accroissement des inégalités et de l’exclusion.
La CGT œuvre au progrès social, en construisant un rapport de forces plus favorable au salariat. Dans cet objectif, la CGT propose, impulse, donne du sens, mobilise, construit des repères collectifs.
La CGT Éduc’action au sein de la fonction publique
Pouvoir d’achat
Depuis plus de 20 ans les choix des gouvernements successifs ont conduit à un décrochage radical de la valeur du point d’indice par rapport à l’évolution des prix.
Dans cette période, les prix n’ont cessé d’augmenter, pour littéralement exploser ces deux dernières années avec la crise sanitaire et les effets de la guerre en Ukraine. Selon l’INSEE, les prix d’acquisition des logements anciens ont été multipliés par 2,5 entre début 2002 et le 3e trimestre 2023. Le coût de l’énergie a bondi d’autant dans le même période, les coûts de l’alimentation ont quasi doublé [1]. Le point d’indice qui sert de référence pour calculer la rémunération n’a lui augmenté que de 15 % en 25 ans [2]. Résultat : des pertes sèches en termes de pouvoir d’achat pour les agent-e-s public qui équivalent à – 675 euros / mois pour les adjoint-e-s administratifs de 1ere classe ; – 1365 euros/ mois pour les attaché-e-s hors classe, – 827 euros pour les secrétaires administratifs de classe exceptionnelle. Entretemps, les salaires de la haute fonction publique ont littéralement décollé : la palme revient évidemment l’intérieur, Bercy et la transition écologique avec plus de 20 000 € bruts mensuels pour les plus hauts salaires. On est à près de 15 000 € en moyenne à l’éducation nationale ! Inacceptable.
Suppressions d’emplois et externalisation
Plus de 150 000 ETP ont été supprimés entre 2007 et 2012 dans la Fonction publique de l’Etat. Les créations de postes annoncés depuis à cors et à cris par les différents gouvernements qui se sont succédés depuis n’ont jamais pu combler cette saignée. Pire : les présidences Macron affichent un solde annuel négatif, malgré une désespérance sociale et des mouvements populaires de protestation de plus en plus forts contre cette situation. Hôpitaux, écoles… des pans entiers de la fonction publique de l’Etat sont à l’os. Où est passé l’argent ? Pas dans les salaires des agents publics, pas dans les moyens accordés aux services. Mais dans les poches du patronat. Selon l’Institut de recherche économique et sociale (IRES) le coût annuel des aides publiques aux entreprises s’élèverait à environ 200 milliards par an. D’après la Cour des comptes, les mécanismes de baisses d’impôt des particuliers, qui bénéficient très majoritairement aux plus hauts revenus, plombent les finances publiques à hauteur de 62 milliards par an. Quant à la fraude fiscale, faute d’un service public de l’impôt volontairement sous-dimensionné pour y faire face, elle occasionne un manque à gagner estimé à près de 100 milliards par an. L’administration alimente pleinement cette logique en faisant appel massivement au secteur privé. L’externalisation, le recours aux cabinets extérieurs de conseils aussi vains que dispendieux, est devenue motrice dans les pratiques de la haute fonction publique. Ce phénomène s’accompagne d’une campagne idéologique, affirmant que le secteur privé serait plus compétent que les agents publics, méprisant ainsi leur statut, leur expérience et leurs diplômes ! Voilà le bilan de la politique néolibérale : une faillite de l’État structurée autour d’une captation de l’argent public par les ultras riches.
Statut et conditions de travail
Notre statut est collectif, c’est la meilleure garantie contre l’arbitraire et l’injustice, mais aussi de l’indépendance des fonctionnaires. Il faut le défendre collectivement et refuser toutes les mesures d’individualisation des carrières et des revenus. La généralisation des primes contribue à détériorer les ambiances de travail, en instaurant une compétition malsaine entre les agents qui porte atteinte à la dignité de la personne, elle remet en cause l’organisation du travail, dont la réussite est fondée sur l’effort collectif. Plus encore, elle ne garantit pas aux agents la stabilité et la pérennité de leurs revenus.
Directement héritée de la loi Travail imposée par le gouvernement Valls, la loi de transformation de la fonction publique, participe de cette logique. Elle a vidé les CAP de leurs principales prérogatives, laissant l’administration décider seule des propositions d’avancement. Elle a facilité le recrutement de contractuels, effaçant ainsi par le fait sourd et continu les garanties apportées par le statut des collègues, supprimé les CHSCT au profit des de la formation spécialisée en matière de santé, sécurité et conditions de travail (F3SCT) aux prérogatives restreintes, attaqué les fondements du statut général du fonctionnaire, avec pour résultats une aggravation de la dégradation des conditions de travail et une explosion de la souffrance.
La CGT est le premier syndicat à avoir porté avec autant de volonté de changer les choses la question de la souffrance au travail en administration centrale: l’explosion des situations de stress est la conséquence du culte de la performance, de la mise en compétition des salariés, de l’accroissement des tâches associé à des suppressions d’emplois massives. La CGT s’oppose à ce « nouveau management » public aux conséquences désastreuses.
Dans cette perspective, nous avons fait preuve de volontarisme pour se donner les moyens d’être davantage percutants dans notre discours face à l’administration :
– connaissance approfondie de la réglementation ;
– étude des enquêtes administratives internes (missions flash des IG, enquêtes de la F3ST suite à des suicides ou tentative de suicide…) analysant les causes de souffrance et proposant des recommandations pour corriger les situations douloureuses…
– rapport de la médiatrice de l’éducation nationale sur le harcèlement moral ;
– organisation de conférences débats sur le sujet avec la sociologue du travail Danièle Linhart et la psychologue du travail, Lise Gaillard, pointant les pratiques managériales pathogènes et le devoir de réaction de l’administration.
Grâce à cet investissement en temps militant, nous nous sommes considérablement améliorés dans la manière de lutter pour obtenir des avancées concrètes pour les collègues en situation de souffrance, individuelle et collective. Au-delà de ses interventions d’accompagnement ponctuelles, nous avons aussi provoqué une rencontre bilatérale avec le SAAM pour proposer des solutions structurantes afin de se doter des moyens de lutter contre les situations de souffrance avérées.
NOS REVENDICATIONS
La CGT Administration centrale, moteur sur tous les sujets, agit pour :
Redonner du sens au travail
– Élaboration de programmes de travail, direction par direction, avec les personnels
– Mise en place d’un vrai service de ressources humaines tourné vers les agents, enrichi par une structure d’accompagnement des parcours professionnels et de la mobilité indépendante des services de gestion
– Une direction des services statistiques indépendante et unique au sein du MEN et MESR
Reconnaissance des compétences et qualifications des personnels,
Arrêt de l’appel aux cabinets de consultants privés, pas d’externalisation du travail.
Revaloriser les salaires
– Le point d’indice à 6 €, pour rattraper les pertes accumulées depuis 2000
– L’indexation de la valeur du point sur l’inflation.
– La refonte de la grille, avec un minimum de rémunération à 2 200 € mensuels bruts.
– Prime immédiate de 500€ pour les catégories C de la centrale
– Déblocage des carrières et rattrapage des promotions à la centrale, notamment des catégories C
Retraites
Suppression de la « loi retraites » repoussant la date de l’âge légal à 64 ans. Retraite à 60 ans avec 75 % du dernier salaire
Améliorer le dialogue social
Les élus CGT, acteurs de terrain à votre écoute, présents au sein de toutes les instances consultatives.
– Pour une reconnaissance de la souffrance au travail, identification de ses causes organisationnelles, groupe de travail sur les risques psychosociaux
– Pour une réflexion sur l’organisation du travail (restauration du travail collectif et transversal, mise en place du télétravail, révision du règlement intérieur)
– Pour l’application de la charte mobilité
– Pour une charte numérique respectueuse de la liberté de dialogue entre les syndicats et les agents
[1] Sources : https://www.insee.fr/fr/statistiques/4268033
[2] Source : référence syndical – https://cd78.reference-syndicale.fr/files/2022/12/perte_de_la_valeur_du_point_d_indice_septembre_2024.pdf