Monsieur le Secrétaire général,
La CGT Administration centrale souhaite vous alerter directement sur la restructuration en cours de la DGSNU qui nous paraît conduite de façon tout à fait hasardeuse et a de toute évidence des effets pathogènes sur les agents concernés. Il nous paraît nécessaire de vous présenter les éléments les plus problématiques du processus en cours et les situations individuelles qui appellent une solution rapide et pour certaines une intervention de votre part.
La vie de la DGSNU n’a pas été simple et les agents de la délégation ont donné sans compter pour faire fonctionner un dispositif auquel ils croyaient. La dissolution de la DGSNU est une décision qui s’impose à notre administration centrale et vous avez pris le temps de venir présenter directement aux agents le processus de restructuration le lundi 16 juin. Vous vous êtes engagés à ce que des solutions « cousues main » puissent être trouvées pour permettre une sortie par le haut aux agents à qui l’administration ne proposerait pas dans la nouvelle organisation au sein de la DJEPVA une position de niveau équivalent à celle occupée au sein de la DGSNU. A ce stade, cet engagement n’est pas respecté et les agents sont en souffrance.
Une préfiguration qui dysfonctionne : des propositions faites aux agents qui ne les respectent pas ni ne respectent leur niveau de responsabilité
Le préfigurateur a conduit les premiers entretiens fin juin et tracé rapidement les contours d’une sous-direction de l’engagement au sein de la DJEPVA composée de deux bureaux contre 4 bureaux dans l’actuelle DGSNU. Quelle n’a pas été la surprise des agents de découvrir que sur les trois chefs de bureaux et deux adjoints qui n’étaient pas personnels du ministère des armées et avaient vocation à rejoindre la DJEPVA seule une cheffe de bureau et un adjoint était repositionnés dans l’organigramme… Autrement dit il est proposé à deux chefs de bureaux d’être rétrogradés respectivement comme chargé de mission et comme adjoint, à un adjoint d’être rétrogradé comme chargé de mission, alors même que des postes de niveau équivalent sont appelés à exister au sein de la future structure mais ne seraient pas pourvus par des agents de l’ex DGSNU. Comment expliquer que le poste de chef du bureau 1 (bureau des politiques interministérielles d’engagement) ne soit proposé ni à Gaëtan Dermigny, ni à Edouard Viscaino, les deux chefs de bureau restant, et serait à pourvoir par un futur recrutement extérieur ? Le gâchis humain est incompréhensible.
Une conduite d’entretien brutale et source de souffrance
Les collègues ont fait état et documenté par écrit des conditions dans lesquelles se sont déroulés ces entretiens et de la façon dont ils ont déconsidérés et rabaissés à cette occasion. Ils ont eu l’occasion d’exprimer leur désarroi auprès du SAAM et de la psychologue du travail mandatée suite à notre alerte CGT et aux premiers retours des entretiens. Il n’est pas acceptable qu’un encadrant traite ainsi les équipes avec lesquelles il est appelé à travailler et dont le rôle de chef de service sera alors de veiller à leur santé et sécurité au travail. Au final l’ambiance de travail est marquée par la frustration, le découragement, le ressentiment, la colère, parfois des éclats de voix voire des pleurs. Les agents sont très inquiets de savoir qui sera amenés à exercer le pilotage de la DGSNU après le 22 août, date officielle de fin de fonction de la préfète Orzechowski. Plus exactement la perspective que ce ne soit plus Jean-Michel Fietier qui soit en charge de l’interim mais potentiellement M. Thenard Duvivier est source d’une grande appréhension.
Une conduite du changement qui n’augure rien de bon
Dans la phase qui a suivi les entretiens, le préfigurateur n’a pas su lever les tensions en arrondissant les angles ou en proposant de nouvelles pistes de travail. Les collègues décrivent une réorganisation menée au pas de charge et sans vision claire, sans dialogue réel ni capacité à partager l’information et à susciter l’adhésion. Ils décrivent des réunions où ils sont mis en cause pour avoir échangé avec les organisations syndicales et objets de brimades. Des collègues sont semblent-ils volontairement isolés et contournés dans l’organisation du travail. Des propositions de fiches de poste n’ont pas été transmises à deux agents ce qui renforcent l’impression d’être mis à l’écart et poussés dehors. Un collègue a fait une proposition constructive de troisième bureau (performances et évaluation des dispositifs) dédié à l’aide au pilotage, développant des outils d’analyse et d’évaluation mais aussi en capacité d’apporter sécurisation juridique sur les opérations à venir et les contrats à arrêter (voir mail en PJ). Sa proposition se fondait sur le constat que le bureau chargé des CLE sera accaparé par l’organisation des séjours dans un calendrier extrêmement contraint dont on a vu au sein de la DGSNU qu’il pouvait être source de ratés parfois très problématiques. Cette proposition a été balayée d’un revers de main sans qu’il puisse échanger avec le préfigurateur. Au final tout dans l’opération est source de souffrance pour les agents qui pour beaucoup ne se projettent pas dans la future sous-direction après ces semaines qu’ils jugent traumatiques et qui ont réactivé les souvenirs difficiles des précédentes années au sein de la DGSNU et du management brutal dont ils ont pu être l’objet.
Des solutions à apporter rapidement
Les constats sont sans appel. Il est nécessaire que l’administration infléchisse la façon dont est conduite cette réorganisation. Nous avons besoin que vous agissiez rapidement pour préserver la crédibilité de l’institution et de ses engagements.
Pour la CGT, au vu du contexte difficile avéré et des potentiels RPS dans l’organisation à venir, il paraît difficilement concevable de maintenir en fonction le préfigurateur et de le positionner comme sous-directeur au moment de la création de la SD de l’engagement. Cette nomination, si elle devait être confirmée, serait une décision incompréhensible au regard des éléments professionnels et médicaux aujourd’hui sur la table. Vous porteriez une responsabilité forte à le maintenir dans une position d’encradrement supérieur malgré les alertes.
Il faut répondre rapidement aux agents sur qui assurera le pilotage de la DGSNU après le 22 août. A ce stade, la demande qui semble générale est de maintenir à titre transitoire M. Fietier, identifié dans la période comme pacificateur.
Enfin il paraît nécessaire que la solution de création d’un troisième bureau soit étudiée sérieusement. Elle permettrait de stabiliser les effectifs et d’enrayer les départs qui videraient la future sous-direction de compétences solides et nécessaires pour l’organisation des séjours à venir.
L’accompagnement proposé par le SAAM et la DE n’a pas à ce jour permis aux agents qui se retrouvent déclassés de bénéficier d’une porte de sortie efficace et par le haut, malgré les engagements que vous aviez pris devant les agents.