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Agents de l’administration centrale, nous ne sommes pas extérieurs à ce qui se joue dans les lycées. Au fond de nous, nous savons qu’aucune circulaire, aucun « plan d’action », aucune plateforme de dialogue ne remplacera les moyens humains et matériels nécessaires pour faire vivre le service public d’éducation. Mais que nous exercions à l’éducation nationale ou dans l’enseignement supérieur, nous sommes un des rouages de cette machine, de ce système scolaire qui trie autant qu’il enseigne des savoirs, qui valorise ce qu’il ne donne pas les moyens de transmettre à tous.

La crise actuelle ne peut pourtant pas se résumer au seul manque de profs, de tables et de ventilateurs. Elle pose une question plus profonde : quelle école construisons-nous ? Une école réellement émancipatrice devrait réduire les inégalités de départ, garantir à chaque jeune les mêmes conditions d’apprentissage et ouvrir l’avenir au lieu d’organiser précocement le tri social. Or notre système éducatif reste trop fortement marqué par l’origine sociale des élèves : dans PISA 2025, le milieu socio-économique explique 14% de la variation des performances des élèves français. La France ne peut se satisfaire d’un système qui prétend sélectionner au mérite tout en reproduisant aussi fortement les inégalités sociales et territoriales.

L’égalité ne doit pas être une formule creuse ou rester un élément de langage. Elle suppose d’abord de cesser de financer et d’accompagner les établissements comme s’ils faisaient face aux mêmes réalités. Elle suppose de donner davantage là où les besoins sont les plus importants : dans les établissements les plus populaires et les plus ségrégués, dans les territoires qui manquent de personnels, dans les lycées où l’accès aux options, à l’accompagnement, à l’orientation et aux conditions matérielles d’études est le plus inégal.
Le ministère met justement en place une délégation aux territoires auprès de la secrétaire générale qui doit aider le ministère à amortir les suppressions de postes liées à la baisse démographique en fonction des spécificités locales. Mais cela suffira-t-il ?
Elle suppose aussi de remettre en cause les mécanismes qui organisent la concurrence, la sélection et l’externalisation de la responsabilité scolaire sur les familles. Elle suppose, comme nous l’avons déjà relayé, de poser vraiment la question du financement de l’enseignement privé qui organise le consumérisme scolaire.

Protéger la sécurité des lycéens et les soutenir

La CGT Éduc’action administration centrale soutient les revendications des lycéen·nes mobilisé·es : des moyens pour l’École publique, des postes, de meilleures conditions d’études, le respect de leurs libertés collectives et une politique éducative réellement tournée vers l’égalité. Si vous le pouvez (et comme vous le faites peut-être déjà en tant que parent d’élève), n’hésitez pas à être présent à l’entrée des établissements scolaires lors des « blocages » pour veiller à la sécurité des élèves. Le mouvement lycéen appelle à une manifestation mardi 6 octobre : l’intersyndicale Education appelle les agents à participer à cette mobilisation pour exprimer notre solidarité avec les lycéens et défendre, avec elles et eux, les moyens du service public d’éducation. La CGT rappelle l’enjeu de sécuriser la manifestation et la nécessité d’une présence adulte responsable : nous avons besoin d’adultes pour encadrer et sécuriser les cortèges (chaînes humaines). Un préavis de grève Fonction publique et Education nationale couvrent l’ensemble des collègues qui souhaiteraient participer au mouvement.