Réaménagement du site Descartes : nouveau calendrier et tous à Rives de Paris ?

L’administration a tenu un groupe de travail autour du réaménagement du site Descartes. Bon point : les schémas d’implantation proposés ne reposent ni sur des hypothèses de flex office, ni sur des open spaces. En revanche, il impose un très fort resserrement des agents que la CGT a dénoncé à maintes reprises. Une « densification » fixée par la politique immobilière de l’État pour que le ministère conserve le site Descartes.

Ce vendredi 7 mars l’administration a tenu un groupe de travail sur le réaménagement du site Descartes, le fameux projet « Descartes horizon 2024 » devenu par la force des choses un horizon d’atterrissage fin 2026. La CGT y a porté les demandes et revendications des agent-e-s, notamment que les équipes puissent choisir l’aménagement de leurs bureaux et le refus des « bureaux bench », ces bureaux siamois qui contraignent les collègues à travailler face à face. Sur ces deux points, l’administration a répondu favorablement. C’est une très bonne chose. Les schémas d’implantation proposés ne reposent ni sur des hypothèses de flex office, ni sur des open spaces et tant mieux. Le projet repose cependant sur un très fort resserrement des agents que nous avons dénoncé à maintes reprises. Néanmoins cette « densification » est la condition fixée par la politique immobilière de l’État pour que le ministère conserve le site Descartes.

Le jeu des chaises musicales des travaux : un détour par Rives de Paris pour presque tout le monde

Le calendrier des travaux est globalement tenu et aboutit aux grandes opérations suivantes :

  • Emménagement du SIES dans le bâtiment Monge fin juin / début juillet
  • Lancement des travaux Joffre 3e étage à l’été, les équipes concernées rejoignant Mécanique libéré par le SIES
  • Décembre 2025 : Retour de la DGRI et de la DAEI sur le site de Descartes dans les bâtiments Foch et Mécanique
  • Automne 2025 : Travaux des étages 2, 1 et rdc du bâtiment Joffre. Les tranches des travaux se font par étage. Les équipes concernées seront hébergées Rives de Paris le temps des travaux (entre 4 et 5 mois par étage). Le bâtiment Joffre devrait être terminé en octobre 2026.
  • 2026 : Réfection des bâtiments Clopin et Arras. La nature des travaux n’est actuellement pas complètement arrêtée, il n’est pas complètement clair si les travaux devront se faire en site inoccupés ou si une autre solution est possible.

LE DETAIL DES OPERATIONS
Demandez le planning

Autrement dit, presque toutes les équipes ont vocation à passer par la case « Rives de Paris ». Pourquoi « presque » ? Parce que la direction de la DGESIP n’est pas concernée : elle occupera le bâtiment Mécanique le temps des travaux du 3e étage. Elle justifie ce traitement de faveur la concernant (on n’est jamais si bien servi que par soi-même !) par la nécessité d’être au plus près des équipes qui resteront majoritairement sur le site de Descartes. Disons plutôt qu’elle n’envisage pas de s’éloigner du cabinet et de faire les trajets Descartes / Montrouge comme le feront le commun des mortels…

 Des plans à corriger avant diffusion mais des aménagements « classiques » et aux mains des équipes

Les plans présentés par le SAAM lors du GT comportaient quelques scories et doivent nous revenir corrigés. Nous attendrons donc la nouvelle version pour les diffuser. Cependant les aménagements sont bien ceux qui ont été travaillés avec les équipes et qui comprennent certes de trop grands bureaux, trop peuplés, conformément au scénario de « densification ». Mais pas de flex office et pas d’open space à l’ordre du jour. Ouf ! C’est une très bonne chose et on peut remercier les agents de leur implication dans les ateliers d’expression des besoins qui ont permis de faire entendre le rejet des espaces ouverts, du flex office et le besoin de calme des agents (voir notamment la synthèse des ateliers). Il est à noter que dans le bâtiments Foch certains redécoupages des bureaux permettent d’implanter des cabines ou de petits espaces de réunions en premier palier avant d’arriver sur le bureau proprement dit. Le ratio de salles de réunion est maintenu.

Sur la question des aménagements, le SAAM a répondu que l’ensemble des installations était pensé à partir de bureaux « à quatre pieds ». Il n’y aura pas non plus de reprise du câblage en « pied central » sur le désastreux modèle du site Rives de Paris qui a contraint largement les possibilités d’emménagement des espaces : les câblages sont bien prévus dans les murs et le SAAM a redit qu’il était prévu de façon systématique un branchement supplémentaire par bureau pour laisser aux équipes une forme de souplesse dans les aménagements. L’implantation des équipes dans les bureaux se fera conformément aux demandes des équipes et le schéma d’installation des bureaux par pièce ne sera pas imposé sur plan.

Isolation phonique et ambiance lumineuse : on devrait voir du mieux

La luminosité des locaux a été travaillée par les équipes de SAAM D.  A noter que des stores vont bien être installés dans le bâtiment Mécanique, conformément aux demandes des agents (mais sous quel délai, la question demeure !).

Concernant l’acoustique du site, elle a été étudiée avec un acousticien. Les travaux devraient permettre de faire descendre le niveau sonore des bureaux de -19 décibels. Les aménagements comprennent notamment un travail sur les murs et les plafonds pour faire baisser le niveau sonore. La fermeture des escaliers du bâtiments Joffre devrait aussi faire baisser le niveau sonore des paliers. Il est à noter que des tisaneries seront installées sur les paliers, là où pouvaient exister des bureaux particulièrement bruyants aujourd’hui.

Clopin-Arras : on continue de naviguer à vue

Concernant les bâtiments Clopin et Arras, tout reste encore très flou. Le SAAM rappelle que ces bâtiments sont déjà largement densifiés et qu’il y aurait peu à gagner en terme de surfaces en y abattant des cloisons. Les travaux prévus jusqu’ici sont principalement des travaux de peinture et de rénovation lumineuse. La réfection des huisseries qui permettrait de solutionner les problèmes de froid dans les bâtiments n’est pas budgetée à ce stade. Le SAAM va présenter le projet en espérant obtenir les financements d’ici 2026. Si les crédits n’étaient pas obtenus, la question se pose de savoir si les « petits » travaux sur les bâtiments Clopin / Arras nécessitent vraiment de se faire en site inoccupé comme c’est prévu aujourd’hui ce qui nécessiterait que toutes les équipes DAF et DGESIP concernées passent par la case Rives de Paris. Une solution en site occupé pourrait éventuellement être étudiée, même si l’administration n’a pris à ce jour aucun engagement. Le dossier reste donc à suivre de près !

Restaurant administratif : 18 mois de fermeture à prévoir (mi 2026- fin 2027)

Le restaurant administratif du site Descartes doit être profondément rénové pour être mis aux normes et réaménagé « selon les standards actuels de la restauration collective » pour reprendre l’expression de l’administration. Les travaux devraient durer 18 mois et débuter mi 2026. Ils sont pilotés par l’Epaurif. Il est hors de question de laisser les agents sans solution de restauration pendant toute cette période ! Une réflexion est actuellement en cours sur quelle solution peut être proposée aux agents aux mêmes conditions tarifaires.

La CGT a rappelé la nécessité qu’une offre sur site ou en proximité immédiate soit proposée et au même tarif subventionné par le ministère. L’administration est consciente des enjeux et a répondu travailler à trouver la meilleure solution. Elle souligne que les tisaneries implantées à chaque étage prendront une importance particulière dans cette configuration. La vigilance reste cependant de mise et nous resterons très attentifs sur ce point.

A noter qu’une mission de l’IGESR est en cours sur l’offre de restauration collective au sein de l’administration centrale qui questionne plus particulièrement les deux opérateurs associatifs, l’AE et l’AS Descartes. La mission devrait rendre ses conclusions en mai. La CGT sera entendue mercredi 12. Elle réaffirmera l’importance de la mission sociale de l’offre de restauration via les tarifs subventionnés et son attachement à l’offre associative de restauration tout en défendant une hausse de la qualité de la prestation qui passe par un fort engagement financier de la part du ministère.

LVMH : tout est à l’arrêt – du caractère inopérant des PPP

Concernant les travaux de la cour d’honneur, ils sont dépendant du calendrier des travaux pilotés par le partenariat école Polytechnique / LVMH qui prévoyait une entrée / forum dans le bâtiment de la boîte à claque et le creusement d’un centre des congrès souterrain avec un immense amphithéâtre / auditorium. Les discussions entre le ministère et le direction de projet ne semblent pas fluides et les rares informations semblent plutôt récupérées via le conseil d’administration de l’Ecole polytechnique. Bref pour Polytechnique rien ne va plus et tout est à l’arrêt ! L’opération de mécénat pour le projet ne s’est soit pas déroulée comme prévue et que les fonds manqueraient pour mener le projet à bien.  Vous aviez peut-être surtout suivi les multiples péripéties de ce projet (bel article de synthèse ici). Mais grâce aux des multiples protestations des anciens élèves de l’école polytechnique, des riverains,  d’élus, d’association de protection de l’environnement, Bernard Arnault lui-même a annoncé le retrait de LVMH du projet. Preuve est faite que les PPP sont un mode d’action publique absolument inopérant…

Toujours est-il que le ministère se retrouve avec un chantier arrêté et dont l’emprise pose problème pour nos locaux : quand récupérerons-nous la cour ? Il semblerait que les ayant droit à de la statue qui trônait au centre du bassin demande son rétablissement à l’identique : bassin, bancs etc. Pas sûrs que nous réussissions à obtenir des arbres et de l’ombre dans l’opération… Le ministère ne sait pas non plus si il récupère bien à terme la galerie de Navarre et à quelle échéance.